Aggravation de la situation épidémiologique : le Sénégal court-il vers le pire ?

Des dizaines et des dizaines de cas au quotidien, flambée des cas graves, multiplication des cas de décès, débordement des centres de traitement, arrivée du paludisme avec l’hivernage… Le cocktail de tous les risques sanitaires est en passe d’être réuni au Sénégal. En sus de cette conjoncture périlleuse, l’allègement des mesures de prévention semble ne pas faciliter l’endiguement du virus. La levée de certaines mesures adoptées préalablement pour bouter hors du pays le virus a occasionné des relâchements voire la banalisation des règles édictées par les autorités sanitaires. Focus sur un paysage à haut risque. La situation empire ! Les chiffres démentent la tendance baissière annoncée par le ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. Près de 4 décès liés au nouveau coronavirus sont enregistrés par jour et le nombre de contaminations monte en flèche. En effet, 10 jours après l’allègement du couvre-feu, passant de 21heures à 23 heures, le pays semble sombrer peu à peu vers une situation incontrôlable. Les cas graves ont emprunté les mêmes allures que les cas de contamination et la moyenne des décès enregistrés au quotidien s’alourdit. Depuis le début de cette semaine, il ne se passe plus un point quotidien du ministère de la Santé et de l’action sociale sur la situation épidémiologique au Sénégal, sans qu’au moins trois (03) cas de décès liés à la Covid 19 ne soient annoncés au public. Le lundi 15 juin, débute ainsi une semaine nécrologique avec 04 nouveaux décès. Il s’ensuit le mardi 16 juin qui constitue la journée la plus noire depuis le début de cette pandémie de la Covid 19. Ce jour-là, six patients sénégalais sont décédés dans les centres de traitement dédiés au Coronavirus. Les mercredi 17, jeudi 18 et ce vendredi 19, la moyenne de décès par jour s’est maintenue à 3. Ce qui porte le total à 9 décès en 72 heures et à 19 décès en cinq jours.

FLAMBEE DES CAS CONFIRMES ET DES CAS GRAVES

En seulement 6 jours, le ministère de la Santé et de l’action sociale a déclaré 643 cas de contamination, soit une moyenne de 107,17 contaminations à compter du 14 juin 2020 à la date d’hier, vendredi. Ainsi, la recrudescence des cas de décès est directement liée à l’augmentation du nombre de cas positifs, ces derniers jours, et relativement à l’augmentation du nombre de cas graves. Ces derniers sont admis en réanimation et en revue des chiffres déclarés par le ministère de la Santé de dimanche à la date du vendredi 19 juin, le nombre de ces patients graves varie de 22 à 16. En supposant que les 19 cas de décès enregistrés depuis le lundi 15 juin étaient en grande partie dans un état grave, le Sénégal a accueilli au moins 40 patients dans ses services de réanimation, ces six (06) derniers jours. D’ailleurs, Dr Aloyse Diouf a renseigné dans le point virologique du vendredi 19 juin qu’il y a encore 17 malades dans un état grave.

PERDUS DE VUE : LES ESSAIS CLINIQUES DE «COVID- ORGANICS » ET LES « KITS DE TEST RAPIDE»

Il était annoncé par l’Institut Pasteur de Dakar en partenariat avec une autre entreprise britannique, la mise à disposition de kits de tests rapide (en 10mn) à partir du mois de juin. Mais à moins de 02 semaines de la fin du mois de juin, aucune mention de test rapide n’a été faite. Pourtant, le Pr. Daouda Ndiaye avait indiqué il y a de cela près de 02 mois, « nous allons procéder dans les prochaines semaines à des essais cliniques » de la décoction Malgache « Covid Organics ». Même photographie de la situation, aucun essai et aucune information n’a été donnée à cet effet.

UNE NOUVELLE STRATEGIE S’IMPOSE

Pour venir à bout de la propagation du nouveau virus, le ministère de la Santé et de l’action sociale a fait savoir qu’une stratégie particulière sera mise en place pour dompter ce mal. Mais hormis la démission du directeur de cabinet du ministre de la Santé, Dr Aloyse Diouf, les Sénégalais n’ont reçu aucune information claire et précise sur cette nouvelle tactique annoncée par Abdoulaye Diouf Sarr. Pour rappel le Directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) avait affirmé lors du point mensuel du 06 juin dernier que « le virus est dans sa phase active de transmission ». Et avec l’autorisation de la circulation interurbaine, le Sénégal va certainement vers une vague de malades et de cas graves que ses structures sanitaires ne peuvent pas prendre en charge. Dans cette même veine, Docteur Abdoulaye Bousso avait annoncé quelques mesures allant dans le sens de protéger les personnes vulnérables (personnes âgées et/ou souffrant de pathologies chroniques) et également d’une prise en charge rapide de cette catégorie de la population qui, selon les chiffres mondiaux de décès enregistrés, sont les plus exposées face à cette pandémie