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Bonsoir,

La Tabaski pointe son nez. Ce qui devait être une fête et un moment de communion devient sous nos cieux une période redoutée par les responsables de famille. De toutes les équations à résoudre, celle du mouton de Tabaski est la compliquée surtout quand l'ossature familiale est complexe ( moutons de mamam, de papa, de tante, de madame 1 voire madame 2 ). La cherté du mouton est le sujet favori en cette période. Si Dakar s'etranglait tout seul dans ce registre, les régions ne sont plus en reste. Le mouton devint un " Taw bu gor " en cette période. Pour trouver des explications rationnelles, on pointera du doit le COVID 19, les problèmes d'instabilité au Mali et le " sissou " du voisin mauritanien qui nous envoie que des " Mboté ". Que nini !

Hier, les familles surtout en milieu rural avaient toutes un petit élevage de bovins et de caprins. C'était indispensable. Ces petits ruminants faisaient partie des décors familiaux. Les jeunes étaient affectés à l'entretien de ces ovidés. Il y avait un cercle vertueux qui facilitait l'élevage de ces animaux domestiques. Pendant l'hivernage, on les amenait en pâturage près des champs. En rentrant, les familles coupaient de l'herbe pour l'alimentation quotidienne. Il y avait plusieurs variétés d'herbes pour les nourrir. Pendant les récoltes, les tiges séchés de sorgho et de maïs étaient conservés pour servir d'aliments pendant la saison sèche. Quand les populations vivaient en bord de fleuve, elles tiraient les aliments de bétail des cultures de décrue. Les familles qui ne cultivaient pas achetaient l'herbe chez les petits badauds qui en faisaient un business. Ainsi, chaque famille pouvait élever 2 à 5 béliers. On en réservait pour la fête de la Tabaski. D'autres seraient convoyés à Dakar ou dans les capitales régionales pour les parents installés sur place moyennant une modique somme. Des fois, on les vendait pour racheter d'autres agneaux afin de préparer la prochaine fête. De plus, les lendemains de la Tabaski, les familles achetaient les petits béliers à un prix dérisoire pour les élever pour la prochaine Tabaski. Un cercle vertueux qui contenait les tendances spéculatives des uns et des autres.

Aujourd'hui, rares sont les familles qui ont maintenu ce modus operandis. Pire, ils ont cédé au dictat des dakarois qui n'ont d'yeux que pour les moutons de race. Dakar a pris le contrôle de l'élevage de bovins et de caprins sans aliments naturels de bétail. Des pans d'immeubles entiers sont loués pour l'élevage de moutons pendant que les hommes dorment dans la promiscuité. De plus, de fortes sommes sont dépensées pour leur alimentation. Plus d'herbes ! Les forêts désertées ne nourissant plus le bétail. Transhumance vers les pays voisins alors qu'une campagne sérieuse aurait permis de reverdir nos forêts naturellement. Hélas, les moutons ont un régime alimentaire comme l'homme de nos jours. On a changé complétement de paradigmes. Normal que ce secteur soit déréglé à tel point que les gens donnent corps à des folies de toute sorte. Des moutons qui se négocient à coup de millions pour les besoins d'un seul jour. Les répercussions sociales sont énormes avec son lot de problèmes familiaux. Il faut marquer une pause et regarder dans le rétroviseur. On s'achemine vers un danger imminent. Demain, la viande risque d'être à la porté que des seuls gens fortunés. Même si le sacrifice du mouton n'est pas obligatoire, une régulation serait opportune pour refuser le dictat de Dakar. Sinon, ce serait plus la fête du moutons mais la fête du " coq ".