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Assamou aleykoum,

« Ku sa begé baré, sa ngor néw : qui désire trop a peu d’honneur », dit-on. C’est devenu un secret de polichinelle les complaintes liées à l’affection voire aux gestes d’amour dans le couple. Il ou elle me dit jamais « Je t’aime » ... Flot de mélancolies ! Mot magique pour chatouiller les cœurs, « je t’aime » n’est point le baromètre fiable pour jauger l’affection ou l’amour que l’on peut porter à sa partenaire. Bien que les chanteurs et autres communicants nous l’eussent imposé le culturel et les compositions familiales nous imposèrent une certaine retenue. Chez certains hommes, montrer leur affection est un aveu de faiblesse. Faire acte d’allégeance à une femme les expose à des commentaires désobligeants chahutant leur virilité. C’est ainsi que l’on a eu droit à des générations de « Pa allemand », durs en toute circonstance... Souvenez-vous Amineta Ndiaye, Aminata Ndiaye, ami... Mame djiguéne douma fonto " de Diego Aka Jules Faye" ! Aussi, ne faut-il pas aussi noter que pour une frange de la gente masculine mettre trop à l’aise une femme en la couvrant de gestes affectueux ouvrirait la porte au « beew » et au « fouy » ! A cela, il faut ajouter la problématique des cours communes qui impose une certaine retenue à l’homme pour diverses raisons. Etre très expressif avec sa femme peut avoir un revers de la médaille. Les « Woudiou Pethiorgo », jalouses du mari« Nekh dérett » de l'autre, installent leurs siens dans un ilot de sarcasmes. Des inimitiés qui peuvent créer des tensions familiales. Malheureusement, ces blocages dictés par le culturel et l’éducation rigoriste deviendraient plus tard un trait de caractère, un état d’esprit.

Le poète Paul Reverdy disait : « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ».

Si l’on s'accorde nos violons sur cette assertion susmentionnée, nous pouvons aisément dire que nos frères et cousins excellent dans le domaine des preuves d'amour. Les hommes, quelle que soit la contenance de leur bourse remuent terre et ciel pour contenter leurs femmes à tout point de vue. Actualité oblige ! Combien se saignent pour apporter un « Kouy » digne de ce nom à leurs femmes ? Nombreux sont ceux qui se privent pour faire plaisir à leurs femmes. Une rose, certes couleur de l’amour, peut-elle faire le poids devant un beau « Kouy » aux cornes imposantes ? Donc, il convient de relativiser, de s’intéresser à d’autres qualités de l’homme avant de le peindre comme un vulgaire rustre. Les archétypes de la coquetterie féminine était henné, tatouages de lèvres, scarifications. Aujourd'hui, c'est l'assaut du make-up. Et les hommes se sont adaptés.

Maintenant, les hommes doivent tout de même faire leur autocritique. A moins d’être un « Wexx beut », tout homme doit, tel un mathématicien, doit trouver des formules adéquates pour mettre à l'aise sa femme. Que d’astuces dans ce registre. Le « Kaal », cousinage à plaisanterie selon les noms de famille, les ethnies, les appartenances géographiques a demeuré longtemps comme véhicule de ces mots affectueux. Déclarer son amour à sa femme « Sérère » en tant que Peul arrache plus un sourire qu'un étonnement. Il y a pas mal de subtilités pour adopter une attitude très affectueuse. Les femmes aiment les belles et véridiques paroles, des mots, des actes et des surprises… Il faut en user pour raviver leurs flammes. A défaut, elles s’éteignent.

Bon courage pour les préparatifs de la Tabaski.