«Chef, as- tu du cœur ?»

Toujours calfeutré dans son palais. Loin du peuple et de ses misères. Chef, as-tu du cœur ? « Tout autre… l’éprouverait sur l’heure ». Mais lui, il semble peu s’en émouvoir. Une semaine que son peuple est sous les eaux, vivant d’insoutenables souffrances et il n’a pas daigné aller le réconforter. C’est d’ailleurs trop lui demander. On nous dit qu’il se prépare à y aller. Quand ces malheureux sinistrés auront fini de verser toutes leurs larmes ? Et d’ailleurs, connaît-il seulement les souffrances de ces malheureux ? Des peines tues et qui pourraient exploser pour un rien. Des personnes sont presque emprisonnées dans leurs maisons qu’elles ne peuvent quitter.

Des individus vulnérables transportés sur le dos de leurs enfants. A-t-il vu ces images insoutenables qui défilent sur les écrans des télévisions privées et qui crèvent les yeux et le cœur, soulèvent des rancœurs, nourrissent des colères difficiles à contenir. Un peuple qui souffre dans son intimité. Presque déshumanisé. Dénudé. Des intimités déflorées. Pendant ce temps, le Chef est en pantoufles dans son palais, loin du théâtre des opérations et promettant aux sinistrés de leur rendre visite. Aux calendes grecques ? Une visite qu’ils attendent depuis une semaine. Quelle délicatesse !

Oh, il y a eu son épouse qui est allée rendre visite à ces miséreux. Comme si c’est elle qui avait été élue à la place de ce qui nous sert de président. Et dire que la météo nous annonce encore un weekend éprouvant. Leur inconscience mise à nu, ils font montre de leur caractère bilieux, nous forçant à épouser leurs platitudes. Et gare à celui qui oserait dénoncer la vacuité du Chef. Ah, on oubliait, il serait le Napoléon III et le Haussmann d’Afrique. N’en doutons plus.


Kaccoor Bi